ENVIRONNEMENT

CULTURE

 

ETYMOLOGIE

Saint Germain
Le nom du village est d’abord celui de la paroisse, et sans doute d’une église romane, Santus Germanus (Germanus fut évêque d’Auxerre au Vème siècle), attestée dès 1290 par une lettre aux édiles de Beaumont, dont la juridiction s’étendait sur Mons, Pontromieu et St Germain.

Mons
Mons en occitan signifie mont (hauteur), du latin « mons ». Sur les hauteurs de cette paroisse s’élevait une église appelée Notre Dame de Mons.

 
 

HISTOIRE DE LA COMMUNE

Préhistoire
Occupation paléo et néolithique (gisements). Des silex taillés ont été trouvés à CUSSAC, à MONS et au PORT de MOULEYDIER.
Un bulletin de la société historique du Périgord signale deux gisements archéologiques, sans précision.

Période romaine et gallo-romaine
La présence romaine sur le territoire de la commune est attestée par les historiens par le biais d’une grand -route romaine qui aurait traversé St Germain et Mons. Cette route pourrait être celle qui reliait VESONE (Périgueux), à AGINUM (Agen) ou une variante de cet itinéraire. On a ainsi retrouvé près du CAMI  FERRAT (voie romaine), qui traversait sans doute la commune du Port de Mouleydier (anciennement Port du Noyer) jusque près de la Tour de Mons (Grand Mons), une amphore et un canthare (vase à boire à 2 anses), tous les deux en très bon état, ainsi que des pièces de monnaies antérieures à la fin du IIIème siècle et retrouvées à Mouleydier près du gué (en face de Port de Mouleydier) Cette voie passait par Pontromieu (Pont romain) et les Rivailles.
Enfin, un pont « dit romain », sur le Gouzou, près de la chapelle de Mons, existe encore aujourd’hui. Sa largeur de 5m et sa construction soignée indiquent une route que les charrettes paysannes devaient emprunter. On n’est cependant pas certain de sa datation. Le fait qu’il n’ait pas de parapet pourrait être une indication.

XIIIème – XVIIIème siècles
Pas d’informations sur notre territoire entre la période gallo-romaine et le XIIIème siècle. Au Moyen Âge, trois paroisses distinctes composaient le territoire de la commune : la paroisse de PONT ROMIEU, la paroisse de MONS et enfin celle de ST GERMAIN.

La paroisse de Pont Romieu est connue par les textes anciens. En 1270, elle porte le nom de Parochia Remyge. Il devait exister un prieuré et une chapelle. En 1345, la Parochia Pontes Romani contient le priorat du même nom, dépendant de l’abbaye de Châtres près de Terrasson, abbaye de l’ordre des Augustins (archives du Vatican). En 1624, elle figure sur la carte du diocèse de Sarlat, puis sur la carte dite de Belleyme établie entre 1766 et 1793. Quand a-t-elle été détruite ? On ne peut pas le dire. Mais en 1894, on signalait quelques tombeaux avec ossements, une tête de statuette en terre cuite. Certains vestiges existent encore près de la ferme de Pontromieu.

La paroisse de Mons est aussi très ancienne. En 1273, il est déjà fait mention du Grand Mons par le biais d’un CASTRUM MONTIBUS, dont l’unique survivance serait la Tour de Mons toujours visible aujourd’hui (voir album photos). Cette tour a fait partie d’un château élevé fin du XIème, début du XIIème siècle. Il s’agissait sans doute d’une basse cour avec une seconde enceinte renfermant une tour ou un donjon.
C’était une place (forte) de très petite dimension. La tour qui s’élève encore a entre 12 et 14 pieds de hauteur (+/- 4m) sur une base carrée de 4,6m à 5m de côté. Les murs ont 1,5m d’épaisseur. Il devait  y avoir un étage à la tour (à un peu plus de 2m) car on trouve dans les murs des « retraits » de quelques centimètres. La tour est sur une petite butte et si on l’imagine sans les arbres qui la mangent aujourd’hui, elle permettait une vue sur tous les environs jusque sans doute Bergerac.
Sur le territoire de Mons il y avait depuis 1780 une petite église, Ste Marie de Mons, centre d’un petit pèlerinage local. Les matériaux de cette église ont servi à bâtir au XIXème siècle la chapelle du cimetière. Encastrés dans la façade  deux vieilles pierres, l’une portant une date indéchiffrable, l’autre un écusson, sans doute le blason des seigneurs de Mons.
 
Dans l’Almanach historique de la Province de Guyenne, la paroisse de Santus Germanus est attestée dès 1290. En 1365, les paroisses de St Germain et Pontromieu ne dépendent plus de Beaumont. Puis au XVIIIème siècle elles y sont de nouveau rattachées.
L’église actuelle, dédiée à Ste Marguerite, serait au moins la troisième sur le même lieu.

XIXème siècle
La Révolution, le premier Empire n’apportent pas beaucoup d’éléments à l’histoire de St Germain et Mons.
On sait par exemple que Jean-François de La Roque de Mons est élu député de la noblesse aux Etats Généraux de 1789. En 1793, il est emprisonné comme d’autres royalistes à Bergerac. Il retrouve plus tard son hôtel particulier de Périgueux où il meurt en 1808.
On trouve encore relation d’une fête célébrée le 17 août 1814 à St Germain, organisée par le curé pour fêter l’avènement de Louis XVIII au trône. Le 11 novembre 1829, St Germain-de-Pontromieu et Mons, qui à la Révolution avaient été chacune érigées en communes, sont de nouveau réunies par ordonnance.
A partir de 1840, les choses s’animent, car de nombreux travaux publics sont entrepris : construction d’une nouvelle église, déplacement des cimetières de St Germain et de Mons, construction de l’école des garçons, agrandissement de l’école des filles, création et modification de nombreuses routes et construction du pont de Mouleydier.
Signalons encore que Charles de Lard, seigneur de Cussac, fut élu conseiller général par le canton de Bergerac en 1847 et que Monsieur de Baillet, de Sireygol, s’équipa en 1893 d’un camion à vapeur, premier véhicule à moteur sur la commune.

XXème siècle
Peu de traces de l’histoire de la commune en début de siècle, par exemple sur la première guerre mondiale.
En 1924, on fait état d’un loup garou qui sème la terreur dans le bourg pendant de longues années.

Lors de la seconde guerre mondiale par contre, le village connut un épisode dramatique lié à celui de l’incendie par les Allemands de Mouleydier. Le 21 juin 1944, vingt-deux maquisards y furent fusillés après le pillage systématique de la ville et avant qu’elle ne soit complètement brûlée.
Dès le 9 juin, les Allemands tâtent le dispositif de défense de la poche de Mouleydier, entre Bergerac et Creysse. Ils n’insistent pas face à des groupes déterminés. Le 10 juin, des blindés allemands arrivent en renfort à Bergerac et le lendemain après une sérieuse préparation d’artillerie, l’ennemi attaque le village par le sud et par l’ouest ; au bout de quatre heures de combat, il doit encore se replier.
Mais c’est la journée du 21 juin qui va donner la mesure des forces de l’ennemi et de sa hargne contre les résistants. Comme le 11 juin, les Allemands attaquent par le sud et par l’ouest, après une violente préparation d’artillerie. Ils disposaient de 27 chenillettes et de 3 chars « Tigres ». Le combat dure une partie de la matinée, mais les blindés ont le dessus et pénètrent dans Mouleydier.
L’engagement est terminé, un haut-parleur demande la reddition des habitants et leur évacuation vers St Germain et Mons. De l’autre côté du pont, rive gauche, la population est triée : hommes de Mouleydier, hommes étrangers à la commune, femmes et enfants.
Vers 10h30, l’officier chef du détachement arrive à St Germain et fait indiquer par un milicien à la population que le village va être brûlé. Effectivement, les premières fumées d’incendie apparaissent, alors que les camions passent, chargés des produits du pillage. Pris curieusement de remords, un soldat allemand, en train de vider la maison du notaire, remettra à son propriétaire une partition de musique prise sur le piano, annotée de sa main en français d’un message approuvant le choix du morceau de musique et s’excusant d’exécuter son « devoir ». Puis tout le monde est conduit à pied à St Germain : là, alors que les soldats se mettent à chanter et boire en injuriant les prisonniers, un maquisard est tué après qu’on lui ait fait creuser sa fosse ; les blessés sont laissés à même le sol, les autres prisonniers sont bastonnés et torturés, puis enfermés dans une étable. Ils seront tous exécutés le soir, à la nuit, dans un champ de pomme de terre près du bourg…
D’autres maquisards prisonniers devaient être fusillés vers midi trente, près de la scierie proche du pont. L’un deux, originaire de Lalinde, dut à son courage de s’échapper : cinquième à être fusillé, il prit ses jambes à son cou alors que tombait le troisième et eut la chance que les Allemands durent recharger leurs armes avant de tirer sur lui. Il rampa dans un champs de blé et put gagner la Dordogne où bon nageur, il se cacha toute la journée.
Vers 18 heures, ayant chargé tout ce qu’ils pouvaient emporter, les Allemands allument l’incendie avec des grenades : 164 maisons sur 200 brûleront à Mouleydier, 24 à St Germain. Vers 21 heures, les femmes et les enfants sont libérés et 120 hommes de Mouleydier sont emmenés en otages à Bergerac. Soignés par la Croix-Rouge, ils seront longuement interrogés et relâchés quelques jours plus tard sur l’insistance de Mr Constantin, faisant fonction de Sous-Préfet et originaire de Mouleydier. Quant aux victimes de la journée, on en dénombrera 22, dont 19 maquisards fusillés ou égorgés et 3 victimes civiles, dont un enfant de 10 ans.

 

L’Après-guerre
Comme bien d’autres villages en France, St Germain et Mons se reconstruira, s’équipera, verra sa population diminuer (522 habitants en 1872, 508 en 1901, 468 en 1921, 488 en 1954, 491 en 1962, 520 en 1987) puis augmenter lentement : 734 habitants aujourd’hui. La modernité a frappé aux portes de St Germain et Mons : presque tout le monde roule en voiture, les travaux agricoles sont mécanisés, les habitants tondent le gazon sur de petits tracteurs, Internet et l’ADSL mais aussi la télévision par satellite font partie de la vie quotidienne des saint-germinois. Les touristes du monde entier visitent le Périgord, certains s’établissent même à St Germain et Mons, qui viennent du Royaume Uni, de Belgique, des Pays-Bas, voir des Seychelles, après ceux venus d’Italie, d’Espagne ou du Portugal.
St Germain et Mons, c’est un village où les hommes et les femmes se rassemblent pour vivre. Ils et elles y restent ensemble pour jouir de la vie.

 
 

QUELQUES MONUMENTS

TOUR DE MONS
Tour du XIème - XIIème siècle. En ruine et sur terrain privé. Cette tour carrée, de 4m de haut devait faire partie d’un petit ensemble fortifié.

CHAPELLE DE STE MARIE DE MONS
Chapelle remaniée au XVIIIème siècle dans le style roman.
Elle possède une nef unique et un chevet plat et surtout une façade construite en gros et bel appareil de pierre grise. Le faîte à trois pans – les rampants épousent un toit à très faible pente – est souligné comme les murs gouttereaux d’une double génoise. Sur le pan horizontal s’élève le campanile classique percé de la baie unique, plein-cintre. Le portail également plein-cintre, date de 1785 et est surmonté d’une sculpture en bas-relief décorative.
Au dessus du portail sept pierres ornées, encastrées, proviennent certainement de l’ancienne église. Couverture en tuiles romanes.
La chapelle est entourée de son cimetière. Dans un angle, une statue de la vierge. Joli petit portail pour l’accès.

CHATEAU DE CUSSAC
Grande bâtisse rectangulaire du 17ème siècle. Elle appartenait au 18ème siècle à Marie de Beyne. En se mariant avec Charles de Lard, chevalier et seigneur de la Mespoule, elle lui apporta le château en dot. La terre de Cussac a été depuis vendue à des particuliers qui y font l’élevage d’ovins.

MANOIR DE SIREYGEOL
Demeure de la fin du XVIIIème, début XIXème siècle. Elle appartient à la famille de Baillet. Très belle perspective à partir de la façade avant. A l’abandon, malheureusement.

CHATEAU DE LA ROQUE DE MONS
Cette maison des champs de 1774, cette chartreuse périgourdine de plain-pied, au corps de logis allongé entre deux petites ailes en retour, se trouve sur le site d’une ancienne tour de guet.
Le domaine qui appartenait à la famille de la Roque fut morcelé et vendu en 1861 à plusieurs viticulteurs. En 1882, elle fut acquise par un maître de bateau, Jacques Got.
Visiteur célèbre, William Cody (Buffalo Bill) y séjourna en octobre 1905.
Dominant la plaine de Bergerac, l’endroit inspira l’écrivain régionaliste Armand Got (1890-1970). En 1943, La Roque, lieu de réunion des résistants locaux, fut le théâtre de parachutage d’armes et la demeure, inoccupée, servit de cache.
Après la guerre, la demeure tomba en ruine. En 1989, la famille Got commença d’importants travaux de reconstruction, aujourd’hui terminés.

EGLISE STE MARGUERITE
Le premier projet de l’église date de 1846. En 1866, de nouveaux plans sont dressés par l’architecte Loze et approuvés par le maire, Mr de Baillet et par le préfet de Dordogne.
En 1867, l’empereur Naploéon III, par son ministre de l’Intérieur, autorise emprunt et impôts. En 1868, nouveaux devis, nouveaux plans. Mais ce n’est qu’en 1876, trente ans après le début du projet, que la construction de l’Eglise commence.
Dédiée à Ste Marguerite d’Antioche (fête le 20 juillet), cette église du XIXème siècle a comme particularité un clocher-porche.

PONT DE MOULEYDIER
Avant la construction du pont, la traversée de la rivière se faisait en barque et par un gué,
qui avait son accès côté St Germain à l’extrémité de la voie romaine et à l’ouest de l’embouchure du Couillou. Le gué moderne placé 150m plus en amont avait son accès rive gauche en passant près de la maison Faget. Côté Mouleydier, l’accès se faisait par la rue qui descendait au port.
Le pont actuel a été concédé en 1849 pour 99 ans à un groupe de personnes assez riches pour fournir une large partie des fonds pour sa construction. Le prix de revient fut de 130 000 francs de l’époque, dont 50 000 de l’Etat. La mise en service eut lieu en avril 1852. C’était un pont à péage. En voici le tarif :
Homme à pied : 5 centimes
Homme avec brouette : 10 centimes
Moutons, chèvres, petits cochons : 5 centimes
Cochons gras : 10 centimes
Voiture à 4 roues et 6 chevaux : 3,5 francs (si les maîtres et les domestiques restent dans la voiture, ils ne paient pas !)

En 1897, les barrières de péage sont enlevées et l’accès est libre.

 

 

 

 

LE BLASON

Composition (1999) à partir de blasons de la famille de Mons et de Pontroumieu.
Ecartelé : au 1 et 4 de gueules au lion léopardé d’or sur un mont de sinople, qui est de la Roque de Mons ; au 2 et 3 d’azur  au pont d’or surmonté d’une coquille d’argent.

 

POLITIQUE CULTURELLE

Petite commune aux moyens modestes, St Germain et Mons propose à ses habitants différentes orientations culturelles :

  1. une bibliothèque municipale ( adhésion gratuite ) ouverte à la Mairie le mercredi  après-midi de15h à 17h.
  2. des expositions ponctuelles, comme celle réalisée entre le 5 et 15 mars derniers avec des peintures, aquarelles, dessins, photographies et sculptures. Cette exposition avait été proposée par le Conseil Général de la Dordogne à St Germain et Mons.
  3. ou comme celle qui a aura lieu en septembre 2007 avec comme sujet « l’architecture contemporaine en Aquitaine ».
  4. des conférences comme celle organisée par Mme Nicole Bavant, « Présentation de l’art pariétal du Paléolithique » avec un conférencier du CNRS, Mr Tauxe.
  5. l’aide aux diverses associations culturelles (musique, atelier-théâtre) que compte St Germain et Mons.

Toutes les idées pour d’autres projets culturels sont les bienvenues. Faîtes-les connaître à la mairie !

 
 

DOCUMENTS ANCIENS

Pour visionner les documents

cliquer dessus

ENVIRONNEMENT